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Pierre Sow
Les rois du ndombolo  
(Jeune Afrique, 4 maggio 1998, p. 168)

On les appelle les Chégué. Orphelins ou simplement enfants de la rue, SDF dans une ville dont ils ont envahi les trottoirs. On les rencontre plus fréquemment place de la Victoire à Matonge, l'un des quartiers les plus chauds de Kin-la-Belle. Ils ont ausssi fait du grand marché, de la gare centrale ou encore du rond-point Kimpwanza, près du palais du Peuple, leurs " territoires ".
Cireurs, petits camelots vendant à la sauvette des noix de Kola, des cacahuètes, des cigarettes ou des œuf, ces gamins ont aussi la mauvaise réputation d'être des pickpockets. Obligés de se plier à la dure loi de la survie que les Zaïrois sont convenus d'appeler " article 15 " (le 15e article d'une Constitution qui n'en comportait que 14), et donc de se débrouiller pour s'assurer une pitance, ils écument, en fin de journée et jusque tard dans la nuit, les alentours des bars-dancing e des nganda et, pour oublier leur chagrin, transforment le macadam en piste de danse.
En 1997, ils suivent avec émerveillement l'épopée victorieuse des troupes de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) et assistent à l'entrée triomphale du tombeur de Mobutu dans la capitale. Un détail les frappe particulièrement à ce moment-là : la démarche pénible et balourde du patron de l'AFDL. Son dandinement fait penser à celui d'un boiteux. Ils vont s'en inspirer pour créer un nouveau pas de danse. C'est ainsi que serait né le " ndombolo ".
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I nuovi re di Kinshasa
(Internazionale, 29 maggio 1998, p. 30)

Li chiamano chégué: orfani o semplicemente figli della strada, senza fissa dimora in una città di cui hanno invaso i marciapiedi. Li si incontra maggiormente in place de la Victoire, a Matonge, uno dei quartieri più caldi di Kinshasa-la-Belle [soprannome di Kinshasa]. Ma tra i loro "territori" ci sono anche il mercato grande, la stazione centrale e la rotonda di Kimpwanza, vicino al Palazzo del Popolo. Lustrascarpe, venditori abusivi di noce di cola, noccioline americane, sigarette o uova, questi ragazzini hanno anche la cattiva reputazione di essere dei borsaioli. Costretti a piegarsi alla dura legge della sopravvivenza che i congolesi solo soliti chiamare "articolo 15" (il quindicesimo articolo di una Costituzione che ne contemplava solo quattordici), e quindi a sbrogliarsela per racimolare un pasto, setacciano, alla fine della giornata e fino a tarda notte, i dintorni dei piano-bar e dei nganda [luoghi di ritrovo], e, per alleviare la tristezza, trasformano l'asfalto in pista da ballo.
Nel 1997 questi ragazzi seguono con stupore l'epopea vittoriosa delle truppe dell'Alleanza delle forze democratiche per la liberazione del Congo-Zaire (Afdl) e assistono all'entrata trionfale nella capitale di Laurent-Desiré Kabila, il vincitore di Mobutu. Un dettaglio li colpisce particolarmente: l'andatura pesante e goffa del capo dell'Afdl. Il suo modo di camminare ricorda i movimenti di uno zoppo. Gli chégué ne traggono l'ispirazione per un nuovo passo di danza. È in questo modo che sarebbe nato il ndombolo.
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